Acquisition d’une entreprise
L’acquéreur vérifie la situation de la société cible avant de signer ou de finaliser l’opération.
La due diligence est un processus de vérification réalisé avant une acquisition, un investissement, une levée de fonds ou une autre transaction importante. Elle permet d’examiner les informations financières, juridiques, fiscales, commerciales et opérationnelles d’une entreprise ou d’un actif afin d’identifier les risques et de prendre une décision éclairée.
En français, le terme due diligence peut être traduit par « diligence raisonnable », « vérifications préalables » ou, dans le cadre d’une acquisition, « audit d’acquisition ». Dans la pratique professionnelle, le terme anglais reste néanmoins le plus couramment utilisé.
Une due diligence repose généralement sur l’analyse d’un volume important de documents confidentiels. Pour faciliter ce travail, les parties utilisent souvent une data room virtuelle : un espace sécurisé dans lequel les informations sont centralisées, classées et partagées avec les personnes autorisées.
La due diligence désigne l’ensemble des vérifications effectuées avant de prendre une décision engageante.
Dans une opération de fusion-acquisition, l’acquéreur cherche par exemple à confirmer que les informations communiquées par le vendeur correspondent à la réalité. Il examine la situation financière de l’entreprise, ses contrats, ses obligations fiscales, ses salariés, ses clients, ses actifs et les éventuels litiges en cours.
La due diligence ne consiste donc pas uniquement à collecter des documents. Elle vise à les analyser, à comparer différentes sources d’information et à identifier les éléments susceptibles d’influencer la transaction.
Elle permet notamment de répondre aux questions suivantes :
Les résultats peuvent conduire l’acquéreur ou l’investisseur à poursuivre la transaction, à demander des informations supplémentaires, à négocier des garanties, à ajuster le prix ou, dans certains cas, à renoncer à l’opération.
L’expression anglaise due diligence signifie littéralement qu’une personne ou une organisation accomplit les vérifications et précautions raisonnablement attendues avant de prendre une décision.
Plusieurs traductions sont utilisées en français.
« Diligence raisonnable » est la traduction la plus proche du terme anglais. Elle insiste sur le soin et la prudence nécessaires avant de conclure une opération.
Cette expression peut également apparaître dans des contextes de conformité, de vigilance ou de gestion des risques. Dans ce cas, elle ne désigne pas toujours une transaction d’acquisition.
L’expression « vérifications préalables » décrit clairement l’objectif du processus : contrôler les informations avant de s’engager.
Elle est adaptée à de nombreuses situations, notamment les investissements, les partenariats, les financements et les transactions immobilières.
Dans le domaine des fusions-acquisitions, la due diligence est parfois appelée « audit d’acquisition ».
Cette formulation met l’accent sur l’examen réalisé pour le compte de l’acquéreur. Elle ne doit toutefois pas être confondue avec un audit légal ou un audit financier classique, dont l’objectif et le cadre peuvent être différents.
Dans les échanges entre entreprises, investisseurs, banques et conseils, le terme due diligence reste généralement utilisé sans traduction.
Une transaction repose souvent sur des informations fournies par l’une des parties. Même lorsque ces informations sont communiquées de bonne foi, elles peuvent être incomplètes, anciennes ou présentées sans le contexte nécessaire.
La due diligence aide à réduire cette asymétrie d’information.
L’acquéreur peut comparer les présentations commerciales avec les contrats, les états financiers, les données clients et les documents opérationnels.
L’objectif est de confirmer que les déclarations importantes sont étayées par des pièces vérifiables.
Le processus peut révéler des risques financiers, juridiques, fiscaux, commerciaux, techniques ou opérationnels.
Un risque identifié ne bloque pas nécessairement la transaction. Il doit toutefois être compris, évalué et pris en compte dans la négociation.
Les conclusions de la due diligence peuvent remettre en question certaines hypothèses utilisées pour déterminer le prix.
Une baisse récente des revenus récurrents, une dette non prise en compte, un investissement technique urgent ou un contrat client fragile peuvent, par exemple, modifier l’évaluation de l’entreprise.
Les informations recueillies peuvent être utilisées pour négocier :
La due diligence permet aussi de préparer la période qui suit l’acquisition.
Les équipes peuvent identifier les actions prioritaires, les contrats à renouveler, les systèmes à harmoniser et les risques qui devront faire l’objet d’un suivi après la transaction.
La due diligence est particulièrement fréquente dans les fusions-acquisitions, mais son utilisation ne se limite pas au rachat d’une entreprise.
Elle peut être menée dans les situations suivantes :
L’acquéreur vérifie la situation de la société cible avant de signer ou de finaliser l’opération.
Les parties évaluent leurs activités, leurs engagements et leurs risques respectifs avant de regrouper leurs structures.
Les investisseurs examinent la société, son capital, ses résultats, sa technologie, ses contrats et ses perspectives avant d’apporter des fonds.
Un fonds analyse les performances, le modèle économique, l’équipe de direction, les possibilités de croissance et les conditions de sortie.
Le vendeur peut préparer les documents en amont afin de faciliter leur examen par les acquéreurs potentiels. Cette vérification est souvent appelée vendor due diligence.
L’acquéreur étudie la propriété, les baux, les autorisations, l’état technique, les charges et les risques environnementaux de l’actif.
Consulter la checklist de due diligence immobilièreUne banque ou un investisseur peut examiner la situation de l’emprunteur, la qualité des garanties et sa capacité de remboursement avant d’accorder un financement.
Les entreprises peuvent vérifier la solidité financière, juridique, technique ou réputationnelle d’un partenaire avant de partager des ressources ou des informations confidentielles.
Le périmètre varie selon la nature de la transaction, le secteur d’activité, la taille de l’entreprise et les risques déjà identifiés.
Plusieurs analyses peuvent être conduites en parallèle.
La due diligence financière évalue la performance historique, la qualité des résultats, la trésorerie, l’endettement, le besoin en fonds de roulement et la fiabilité des prévisions.
Elle cherche notamment à comprendre comment l’entreprise génère ses revenus, si ses marges sont durables et quels éléments peuvent influencer sa valorisation.
Les travaux peuvent aussi porter sur les flux de trésorerie, les investissements futurs, les engagements financiers et les éléments assimilables à de la dette.
Consulter le guide de la due diligence financièreLa due diligence juridique examine la structure de l’entreprise, ses contrats, ses autorisations, ses actifs, ses contentieux et ses principales obligations.
Les documents étudiés peuvent comprendre :
L’objectif est d’identifier les éléments susceptibles de compromettre la transaction, de limiter l’utilisation d’un actif ou d’entraîner une responsabilité après l’acquisition.
Les conseils juridiques peuvent participer à cet examen, mais la due diligence reste un processus multidisciplinaire impliquant également des spécialistes financiers, fiscaux, techniques et opérationnels.
La due diligence fiscale analyse la situation de l’entreprise au regard de ses obligations fiscales.
Elle peut porter sur les déclarations, les contrôles en cours, les déficits reportables, les taxes indirectes, la fiscalité internationale et les risques liés à certaines opérations antérieures.
Son objectif est d’identifier les expositions susceptibles d’entraîner un redressement ou une charge après la transaction.
La due diligence commerciale examine la position de l’entreprise sur son marché.
Elle s’intéresse notamment :
Elle aide à déterminer si les hypothèses du plan d’affaires sont cohérentes avec la réalité commerciale.
La due diligence opérationnelle évalue la manière dont l’entreprise fonctionne au quotidien.
Elle peut couvrir les processus internes, les sites de production, les approvisionnements, la logistique, les outils de gestion, les ressources disponibles et la capacité de l’organisation à accompagner la croissance.
Elle permet aussi d’identifier les dépendances à certaines personnes, certains fournisseurs ou certains systèmes.
La due diligence technique examine les technologies, infrastructures et systèmes utilisés par l’entreprise.
Dans une société technologique, elle peut porter sur :
Dans une activité industrielle ou immobilière, l’examen technique peut concerner les équipements, les bâtiments, les installations et les travaux nécessaires.
L’analyse des ressources humaines porte sur les salariés, les dirigeants, les contrats, les rémunérations, les avantages, les contentieux et les obligations sociales.
Elle aide à identifier les personnes clés, les risques de départ, les engagements particuliers et les mesures nécessaires pour intégrer les équipes après la transaction.
Cette analyse examine les risques environnementaux, sociaux et de gouvernance.
Elle peut porter sur les émissions, la consommation d’énergie, les conditions de travail, la chaîne d’approvisionnement, les politiques internes, les incidents déclarés et les obligations applicables à l’entreprise.
L’importance du périmètre dépend du secteur, de la localisation et de la nature de la transaction.
La due diligence immobilière concerne les actifs fonciers et les bâtiments.
Elle examine notamment :
Les transactions immobilières nécessitent souvent le partage d’un grand nombre de documents entre vendeurs, acquéreurs, banques, experts et conseils.
Une data room immobilière permet de centraliser ces pièces et d’en contrôler l’accès.
Découvrir les data rooms immobilièresLe processus de due diligence dépend de la transaction, mais il peut généralement être organisé autour de quatre grandes étapes.
Cette présentation reste volontairement synthétique. La liste détaillée des documents et des contrôles figure dans notre checklist complète de due diligence.
La première étape consiste à préciser les objectifs de l’examen.
Les parties déterminent :
Le périmètre doit être adapté aux risques de l’opération. Une acquisition technologique ne nécessitera pas les mêmes contrôles qu’une transaction immobilière ou industrielle.
Le vendeur ou l’entreprise examinée rassemble les documents demandés et les place généralement dans une data room virtuelle.
Une arborescence claire facilite le travail des équipes. Les dossiers peuvent être classés par domaine : corporate, finance, fiscalité, contrats, ressources humaines, propriété intellectuelle, informatique, immobilier et conformité.
Les responsables doivent également vérifier que :
Les spécialistes examinent les informations mises à disposition et les comparent aux déclarations de la direction.
Ils peuvent demander des précisions, signaler des documents manquants ou approfondir certains points.
Un module de questions-réponses permet d’organiser les échanges, d’assigner chaque question à la bonne personne et de conserver une trace des réponses communiquées.
Les risques identifiés sont généralement classés selon leur importance et leur effet potentiel sur la transaction.
Les conclusions sont synthétisées dans un rapport ou dans plusieurs rapports spécialisés.
Ces documents présentent les principaux constats, les informations manquantes, les risques identifiés et les recommandations adressées au décideur.
Les résultats peuvent conduire à :
Les documents demandés dépendent du type de transaction. Une liste exhaustive serait rarement adaptée à toutes les opérations.
Les principales catégories comprennent néanmoins les éléments suivants.
Pour éviter les demandes dispersées, ces éléments peuvent être organisés dans une liste de contrôle partagée entre les parties.
Une data room virtuelle est un espace en ligne conçu pour centraliser et partager des documents confidentiels avec un groupe défini de participants.
Elle remplace les échanges dispersés par e-mail et offre un environnement plus structuré pour mener la due diligence.
La data room réunit les documents nécessaires dans une arborescence commune.
Les acquéreurs, investisseurs, banques et conseils peuvent accéder aux informations à partir d’un emplacement unique, sans multiplier les pièces jointes et les versions locales.
Les administrateurs peuvent attribuer des droits différents selon les utilisateurs ou les groupes.
Un investisseur peut, par exemple, consulter certains dossiers tandis que les informations les plus sensibles restent réservées à un nombre limité de personnes.
Selon la solution utilisée, les autorisations peuvent porter sur :
Certaines data rooms proposent des fonctionnalités telles que :
Le niveau de protection dépend toutefois du fournisseur, de la configuration choisie et des procédures internes mises en place par l’entreprise.
Le module de questions-réponses permet aux participants de demander des précisions sans utiliser des chaînes d’e-mails difficiles à suivre.
Les questions peuvent être classées, assignées et validées avant que les réponses soient communiquées.
Les administrateurs peuvent suivre les connexions, les consultations et les actions réalisées dans l’espace documentaire.
Ces informations peuvent aider à identifier les dossiers les plus consultés, à vérifier l’avancement de l’examen et à conserver une trace du processus.
À la fin de la transaction, les documents et échanges peuvent être archivés selon les conditions proposées par le fournisseur.
La data room ne remplace pas le travail des experts. Elle fournit cependant l’environnement nécessaire pour partager, organiser et tracer les informations utilisées pendant leur analyse.
Un red flag est un élément nécessitant une attention particulière.
Il ne signifie pas nécessairement que la transaction doit être abandonnée. Il indique qu’une information doit être approfondie ou prise en compte dans la négociation.
Des différences entre les comptes, les données de gestion et les déclarations de la direction peuvent révéler un problème de qualité ou de fiabilité de l’information.
L’absence de contrats, d’autorisations, de justificatifs ou de versions signées peut augmenter le risque de la transaction.
Un contentieux, une garantie donnée à un tiers ou un engagement contractuel peut créer une charge future.
Une forte dépendance à un client, un fournisseur, une technologie ou un dirigeant peut fragiliser l’activité.
L’entreprise peut utiliser un logiciel, une marque ou une invention sans disposer de droits suffisamment clairs.
Des incidents non documentés, des accès mal contrôlés ou l’absence de procédures de sauvegarde peuvent exposer l’entreprise à des risques opérationnels et réglementaires.
Des retards répétés, des réponses incomplètes ou le refus de transmettre certains documents peuvent justifier des vérifications supplémentaires.
Le rapport de due diligence rassemble les principaux constats issus de l’analyse.
Sa structure dépend de la mission et de la spécialité des intervenants, mais il comprend généralement :
Les conclusions doivent être suffisamment claires pour permettre aux responsables de comprendre les enjeux sans reprendre l’intégralité des documents examinés.
Le rapport peut recommander un approfondissement, une modification contractuelle, une garantie, un ajustement du prix ou une action à réaliser après la transaction.
La due diligence et l’audit peuvent tous deux reposer sur l’examen de documents, mais ils ne poursuivent pas nécessairement le même objectif.
Une due diligence est généralement réalisée dans le contexte d’une décision précise : acquisition, investissement, financement ou partenariat. Son périmètre est adapté aux risques de cette opération.
Un audit financier examine les comptes selon un cadre, une méthodologie et des normes déterminés. Il ne répond pas automatiquement à toutes les questions qu’un acquéreur peut se poser sur la rentabilité future, les risques commerciaux ou les conséquences de la transaction.
Les deux démarches peuvent donc être complémentaires.
Une bonne préparation améliore la qualité de l’analyse et limite les retards.
Avant d’ouvrir la data room, l’entreprise peut :
Il est également utile de préparer un index des documents et un tableau de suivi indiquant ce qui a été demandé, transmis, examiné ou complété.
Le processus de due diligence nécessitant de multiples dimensions requiert une expertise pointue et des outils appropriés. Grâce aux technologies modernes comme les data rooms virtuelles sécurisées, les due diligences ont été révolutionnées en étant plus rapides et plus approfondies.
La loi Sapin II a mué, au sein du cadre juridique français, la due diligence en obligation de droit assortie de fortes sanctions. Le succès d’une due diligence tient ainsi à l’application de trois principes essentiels. Il faut anticiper avec méticulosité, s’entourer des meilleurs experts puis utiliser les technologies modernes.
Ne sous-estimez jamais à quel point il est important de faire une due diligence exhaustive. Employer des ressources représente une bonne protection. Cela permet ainsi d’éviter toutes les mauvaises surprises de même que les échecs onéreux.